Créer son entreprise en CDI : quelles solutions pour se lancer ?

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Créer son entreprise en CDI : quelles solutions pour se lancer ?

Créer son entreprise en CDI est possible, sous réserve de respecter vos obligations envers votre employeur et les règles propres à votre activité. Vous pouvez conserver votre emploi, demander un temps partiel ou un congé, négocier une rupture conventionnelle ou envisager une démission-reconversion.

La solution dépend de votre projet, de votre disponibilité et de vos besoins financiers. Avant de quitter votre poste ou d’immatriculer votre entreprise, prenez le temps de comparer ces possibilités.

Les quatre solutions pour créer votre entreprise quand vous êtes salarié

[Insérer l’infographie « Créer son entreprise en CDI : 4 parcours possibles ».]
Votre objectif La solution à étudier Le principal point de vigilance
Tester votre activité tout en conservant votre salaire Cumuler CDI et entreprise Vérifier votre contrat et votre disponibilité
Consacrer davantage de temps au projet Temps partiel ou congé pour création Anticiper la baisse de revenus
Quitter votre emploi d’un commun accord Rupture conventionnelle Obtenir l’accord de l’employeur et vérifier vos droits
Démissionner dans un cadre permettant une indemnisation Démission-reconversion Faire valider votre projet avant de démissionner
  1. Cumuler un CDI et une création d’entreprise

Conserver votre CDI permet de développer progressivement votre activité tout en gardant votre salaire. Vous pouvez rencontrer des clients potentiels, tester votre offre et réaliser vos premières ventes avant d’envisager une transition.

Cette possibilité suppose toutefois de respecter plusieurs règles.

Vérifier votre contrat et votre obligation de loyauté

Relisez votre contrat de travail, votre convention collective et les éventuelles règles professionnelles applicables à votre métier.

Pendant votre CDI, vous restez soumis à une obligation de loyauté. Votre activité ne doit pas vous conduire à concurrencer déloyalement votre employeur, détourner sa clientèle ou utiliser ses informations confidentielles.

Organisez votre projet en dehors de vos heures salariées et avec vos propres moyens.

Certaines professions réglementées imposent également des conditions particulières : vérifiez-les avant de vous lancer.

Comprendre la clause d’exclusivité

Une clause d’exclusivité peut limiter l’exercice d’une autre activité professionnelle pendant votre contrat.

Cependant, l’employeur ne peut en principe pas opposer cette clause pendant un an au salarié qui crée ou reprend une entreprise. Des exceptions existent, notamment pour certains VRP. L’obligation de loyauté continue de s’appliquer.

Cette protection est temporaire : anticipez la fin de la période d’un an et faites examiner votre situation si nécessaire.

Évaluer le temps réellement disponible

Un projet compatible avec votre contrat doit aussi l’être avec votre quotidien.

Demandez-vous :

  • Combien d’heures pouvez-vous lui consacrer chaque semaine ?
  • Vos clients auront-ils besoin de vous pendant vos horaires salariés ?
  • Pourrez-vous assurer les prestations, la prospection et l’administratif ?
  • Quel rythme pourrez-vous tenir plusieurs mois ?

Par exemple, une activité de conseil nécessitant des rendez-vous en journée peut être difficile à développer uniquement le soir et le week-end.

Testez votre organisation autant que votre offre.

  1. Demander un temps partiel ou un congé pour création d’entreprise

Votre projet nécessite davantage de disponibilité ? Un temps partiel ou un congé pour création ou reprise d’entreprise peut vous permettre d’avancer tout en conservant un lien avec votre employeur.

Les principales conditions à connaître

À défaut de dispositions conventionnelles différentes, le dispositif repose notamment sur :

  • une ancienneté requise de 24 mois ;
  • une durée initiale maximale d’un an, renouvelable une fois ;
  • une demande à adresser au moins deux mois avant le début souhaité.

Votre convention collective ou un accord applicable peut prévoir d’autres modalités. L’employeur peut, selon les circonstances, accepter, reporter ou refuser la demande dans les conditions prévues par les textes.

Préparer votre budget pendant cette période

Le congé à temps plein n’est généralement pas rémunéré par l’employeur. À temps partiel, votre salaire diminue en fonction de votre nouvelle durée de travail.

Avant de demander cet aménagement, estimez :

  • vos dépenses personnelles incompressibles ;
  • les frais de lancement de l’entreprise ;
  • les premières recettes envisageables ;
  • la réserve financière nécessaire si les ventes tardent.

À l’issue du dispositif, les règles prévoient le retour à votre emploi ou à un emploi similaire, avec une rémunération au moins équivalente. Respectez les démarches et délais prévus pour organiser cette reprise.

  1. Négocier une rupture conventionnelle pour créer son entreprise

La rupture conventionnelle permet de mettre fin à un CDI d’un commun accord. Vous pouvez la proposer, mais votre employeur peut la refuser.

Elle donne lieu à une indemnité spécifique et peut ouvrir des droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi, l’ARE, si vous remplissez les conditions d’indemnisation. La signature d’une rupture conventionnelle ne garantit donc pas, à elle seule, le versement d’allocations.

Avant de fixer votre départ, demandez à France Travail une estimation de votre situation :

  • montant et durée prévisionnels de l’allocation ;
  • date du premier versement, compte tenu des délais éventuels ;
  • conséquences des revenus de votre future entreprise ;
  • aides accessibles selon votre calendrier de création.

Votre budget doit tenir compte du moment où les sommes seront effectivement disponibles.

  1. Démission-reconversion : faire valider son projet avant de partir

Une démission ordinaire n’ouvre généralement pas droit immédiatement au chômage. Le dispositif démission-reconversion peut permettre une indemnisation pour un projet de création ou de reprise d’entreprise, sous conditions.

Il concerne notamment les salariés en CDI de droit privé qui justifient d’au moins 1 300 jours travaillés au cours des 60 mois précédant leur démission et dont le projet est reconnu comme réel et sérieux.

Il ne suffit donc pas d’avoir cumulé cinq années de travail à un moment quelconque de sa carrière.

[Insérer l’infographie « Démission-reconversion : respecter le bon ordre ».]

Les étapes à respecter

  1. Vérifiez votre éligibilité, notamment votre historique d’activité.
  2. Sollicitez un conseil en évolution professionnelle, le CEP, avant de démissionner.
  3. Préparez votre dossier : offre, marché, financement et moyens nécessaires.
  4. Demandez la validation du caractère réel et sérieux du projet auprès de Transitions Pro.
  5. Attendez la décision favorable avant de démissionner.
  6. Inscrivez-vous à France Travail et demandez l’allocation dans le délai applicable.

Vous disposez de six mois à compter de la notification de validation pour vous inscrire et déposer votre demande d’allocation. Intégrez votre préavis dans ce calendrier.

La validation du projet ne remplace pas l’examen des conditions d’indemnisation par France Travail.

Pour préparer vos démarches, consultez le site officiel démission-reconversion.

  1. ARE ou ARCE : anticiper les aides avant de créer

La date de création de votre entreprise peut modifier les aides accessibles. Faites examiner votre situation avant de vous immatriculer.

Le complément mensuel d’ARE

Sous conditions, vous pouvez percevoir un complément d’allocation en fonction des revenus de votre activité.

Pour les droits relevant des règles applicables depuis avril 2025, ce cumul est en principe limité à 60 % des droits restants au démarrage de l’activité. Une poursuite peut être demandée dans certaines situations, après examen par l’instance paritaire régionale de France Travail.

L’ARCE : une partie des droits versée en capital

L’ARCE constitue une alternative au complément mensuel d’ARE. Elle permet, sous conditions, de recevoir une partie des droits restants en deux versements.

Pour en bénéficier, l’inscription à France Travail doit notamment intervenir avant la création ou la reprise de l’entreprise.

Si votre entreprise existe déjà pendant votre CDI

Une activité effectivement exercée et rémunérée en parallèle de votre emploi peut, sous conditions, être reconnue comme une « activité conservée ».

Le traitement des allocations est alors différent, et l’ARCE n’est pas accessible au titre de cette activité. La seule immatriculation ne suffit pas à établir une activité conservée.

Le bon réflexe : faire confirmer votre calendrier et vos droits par France Travail avant de prendre une décision.

  1. Micro-entreprise ou autre régime : choisir selon votre projet

La micro-entreprise peut faciliter le démarrage de certaines activités exercées seul. Elle n’est toutefois pas automatiquement la solution la plus adaptée.

La micro-entreprise est un régime simplifié de l’entreprise individuelle, et non une forme de société.

Elle ne permet pas de déduire vos dépenses professionnelles pour leur montant réel. Si vous prévoyez des achats importants, un local, de la sous-traitance ou de nombreux déplacements, comparez-la avec un régime réel.

Votre choix dépend notamment :

  • du chiffre d’affaires envisagé ;
  • du niveau de vos dépenses ;
  • de votre besoin de financement ;
  • de la présence éventuelle d’associés ;
  • de votre situation personnelle et de vos objectifs.

Pour approfondir, consultez nos ressources sur le choix d’une structure juridique et les questions fréquentes sur la micro-entreprise.

Avant de quitter votre CDI, vérifiez la solidité de votre projet

Le choix du dispositif de départ ne remplace pas la préparation de l’entreprise. Avant de renoncer à votre salaire, cherchez des éléments concrets sur votre marché et votre capacité à en vivre.

[Insérer l’infographie « Avant de quitter votre CDI : 5 points à vérifier ».]

Avez-vous confirmé le besoin de vos clients ?

Identifiez précisément vos clients, le problème qu’ils rencontrent et leur manière actuelle de le résoudre.

Des encouragements de votre entourage ne suffisent pas : cherchez des échanges avec des prospects, des demandes de devis, des tests ou de premières ventes.

Notre article sur la manière de tester une idée et de réaliser ses premières ventes vous aide à organiser cette démarche.

Savez-vous quel revenu votre activité doit dégager ?

Distinguez le chiffre d’affaires encaissé du revenu réellement disponible après les dépenses, cotisations et impôts.

Construisez un prévisionnel avec plusieurs hypothèses, dont un démarrage plus lent que prévu. Évaluez aussi le délai entre la première prospection, la vente et le paiement du client.

Votre calendrier est-il cohérent ?

Coordonnez votre préavis, vos démarches auprès de France Travail, votre éventuelle demande de congé et la date de création.

Un calendrier préparé vous aide à préserver les possibilités correspondant à votre situation.

Questions fréquentes sur la création d’entreprise en CDI

Peut-on être salarié et micro-entrepreneur en même temps ?

Oui, le cumul est possible sous réserve de respecter vos obligations envers votre employeur, votre contrat et les règles propres à votre profession. Vérifiez notamment la clause d’exclusivité et les conditions de son inopposabilité temporaire.

Faut-il obligatoirement quitter son CDI pour créer une entreprise ?

Non. Vous pouvez conserver votre emploi pour tester votre activité ou étudier un temps partiel ou un congé pour création d’entreprise.

Peut-on toucher le chômage après une démission pour créer son entreprise ?

Ce n’est pas automatique. Le dispositif démission-reconversion peut le permettre si ses conditions sont remplies et si les démarches sont réalisées dans le bon ordre, avant la démission.

Faut-il créer son entreprise avant de quitter son emploi ?

Il n’existe pas de réponse unique. Démarrer pendant le CDI peut permettre de tester le marché, mais le calendrier peut modifier le traitement de vos allocations et l’accès à l’ARCE. Faites examiner votre situation avant l’immatriculation.

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